Répondre au dumping salarial par la grève? Le cas de l’Aéroport International de Genève (AIG)
Article à paraître dans le n. 12 de la revue Les Mondes du Travail
Résumé (1000 signes)
Les salarié·e·s de trois entreprises actives à l’Aéroport international de Genève (AIG) se sont mis en grève, au cours de l’année 2010, dans le but de négocier une Convention collective de travail pour toute la branche permettant de contenir la dégradation des conditions de travail et la baisse des salaires. La combinaison de trois conditions expliquent le recours à la grève dans un pays à faible conflictualité : d’une part, le développement d’un sentiment d’injustice lié à la faiblesse des rémunérations pour un métier très pénible ; d’autre part, la volonté des employeurs de ne plus considérer les conditions de travail et les salaires comme l’objet d’une négociation ; enfin, la pratique d’un syndicalisme démocratique consistant à intégrer tous les salarié·e·s dans l’action collective. Le déroulement de ces conflits montre que le recours à la grève s’est imposé comme une tentative d’exiger une régulation accrue de la concurrence entre salarié·e·s.
Mots clés (5)
Marché public, restructuration, dumping salarial, grève, démocratie syndicale.
Évaluer et mesurer la qualité du travail dans des entreprises en restructuration. Une étude de cas dans l’industrie suisse
Communication pour les Journées internationales de sociologie du travail (JIST) 2012 (avec J.-M. Bonvin)
Dans le contexte de crise économique actuelle, nombreuses sont les entreprises qui engagent des restructurations visant la recomposition des processus de travail et celle des statuts du personnel. Dès lors, la qualité du travail devient l’objet d’une tension qui se joue entre deux logiques distinctes : d’une part, celle industrielle propre aux entreprises familiales, caractérisées par la stabilité de l’emploi et l’esprit paternaliste, dans lesquelles le souci du « travail bien fait » est souvent au cœur des pratiques professionnelles ; d’autre part, celle marchande, consistant à rétablir le niveau de profitabilité dans un contexte de concurrence accrue en agissant sur les niveaux de productivité et de salaires (par le biais de la flexibilité interne ou externe). Entrent ainsi en conflit deux manières spécifiques d’envisager et de mesurer la qualité du travail.
Une compréhension pointue de la manière dont évoluent l’organisation du travail, les processus de production et les clivages entre différentes catégories de salariés s’avère nécessaire pour décortiquer l’hybridation qui résulte de l’interaction entre ces diverses logiques contradictoires. Le but de notre papier consiste à saisir la manière dont ces transformations se répercutent tant sur la vie professionnelle et sociale du travailleur que sur sa satisfaction au travail ; notamment en vue de cerner en quoi les instruments d’évaluation et de mesure utilisés par le management favorisent ou entravent la qualité du travail telle que perçue par les travailleurs.
Pour reconstruire concrètement et illustrer ces enjeux à l’appui d’une étude de cas, une analyse documentaire détaillée et une vingtaine d’entretiens ont été réalisés avec des membres du personnel (travailleurs, cadres, directeurs) du plus grand fabricant mondial de machines à destination de l’industrie de l’emballage. Cette communication s’inscrit dans l’axe IV « Organisation et conditions du travail » des XIIIèmes JIST.

